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Parade

Réponse directe : Interception d'un coup avec le bras, la main ou l'épaule, par opposition à l'esquive.

◆ Par Damien Hernandez, 11 ans de Krav Maga, 10 ans d'arts martiaux avant ◆ Mis à jour le 5 septembre 2026

Parer, c’est dévier un coup en le touchant, sans chercher à l’arrêter. La main ou l’avant-bras entre en contact avec le bras qui arrive et le pousse hors de sa trajectoire de quelques centimètres. Le coup passe à côté, et celui qui a paré a toujours ses deux mains disponibles.

Dévier coûte moins cher qu’encaisser

Un blocage reçoit l’impact et l’absorbe : la structure tient, mais le choc traverse quand même le bras. Une parade change la direction du coup au lieu de s’y opposer, et l’énergie de l’adversaire finit dans le vide. C’est un geste court, économique, qui se fait avec la main plutôt qu’avec le corps.

La contrepartie est la précision. Une parade approximative devient un blocage mal placé, sur un avant-bras qui n’était pas prêt. Là où le blocage pardonne l’à-peu-près, la parade demande de toucher au bon endroit, au bon moment.

Le geste garde l’initiative

C’est ce qui la distingue vraiment de l’esquive. Une esquive réussie sort du danger mais laisse un temps à rattraper avant de riposter. Une parade maintient le contact avec le bras adverse, donc l’information : on sait où il est, et on peut partir dessus.

En Krav Maga, cette propriété est poussée jusqu’au bout. La parade y est presque toujours simultanée d’une contre-attaque, une main dévie pendant que l’autre part. Il n’y a pas de temps d’arrêt entre défendre et frapper, parce qu’un temps d’arrêt laisse arriver le deuxième coup.

Parer un direct, parer un circulaire

Sur un coup direct, la parade est une tape sèche vers l’intérieur ou l’extérieur, paume ouverte, sur l’avant-bras adverse. Le mouvement est minuscule : dévier de dix centimètres à mi-parcours suffit à faire passer le poing à côté du menton.

Sur un coup circulaire, il n’y a rien à taper, la trajectoire arrive de côté. L’avant-bras se lève et se place, coude fermé, et le contact ressemble davantage à un blocage. C’est la raison pour laquelle les deux mots se mélangent en salle, alors que les gestes ne sont pas les mêmes.

Les défauts qui coûtent cher

Aller chercher le coup en tendant le bras est le premier. La main quitte la garde, croise devant le visage, et ouvre le côté qu’elle protégeait.

Parer trop tôt est le deuxième : l’adversaire voit la main partir, retire son coup et frappe dans l’ouverture. Une parade se déclenche tard, presque à l’impact, ce qui demande de laisser le coup venir sans reculer.

Le troisième défaut est de parer sans bouger les pieds. La main fait son travail, le corps reste exactement là où le coup suivant va arriver, et la distance n’a pas changé d’un centimètre.

Ce que le matériel change

Un gros gant transforme la parade en blocage. Le volume occupe l’espace devant le visage, la main touche le coup adverse plus tôt que prévu et le geste précis devient un contact large. C’est confortable en sparring, et trompeur : la parade travaillée avec des gants de seize onces ne se retrouve pas telle quelle à mains nues.

L’écart se voit surtout entre deux pratiques. En boxe, on pare avec un gant qui protège la main. En Krav Maga, on pare le plus souvent sans rien, et c’est l’avant-bras qui prend le contact, avec les hématomes qui vont avec les premiers mois. Un pratiquant qui passe de l’un à l’autre doit refaire le geste, pas seulement l’adapter.