Le blocage consiste à arrêter un coup en lui opposant une partie du corps, généralement l’avant-bras, le gant ou l’épaule. C’est la défense la plus simple à apprendre et la plus utilisée en salle, notamment parce qu’elle demande peu de déplacement.
Bloquer, parer, esquiver
Les trois mots sont souvent employés l’un pour l’autre, et ils désignent des gestes différents.
| Geste | Principe | Ce qu’il coûte |
|---|---|---|
| Blocage | Opposer une surface, le coup s’arrête sur elle | Une partie du choc est encaissée |
| Parade | Dévier la trajectoire du coup sur le côté | Demande un timing plus fin |
| Esquive | Retirer la cible, sans contact avec le bras adverse | Demande du déplacement et de la lecture |
Aucun des trois n’est supérieur. Le blocage est le plus fiable quand on n’a pas eu le temps de lire le coup, l’esquive est la plus économique quand on l’a vu partir.
Le choc passe quand même
C’est le point que les débutants découvrent en sparring. Un coup bloqué n’est pas un coup annulé : l’énergie est absorbée par le bras, transmise à l’épaule, et une partie continue vers la tête si le gant est collé dessus.
Deux conséquences pratiques. La première est qu’une garde tenue à quelques centimètres du visage protège mieux qu’une garde plaquée, parce qu’elle laisse une marge d’amortissement. La seconde est qu’un pratiquant qui bloque systématiquement accumule de la fatigue dans les bras et finit par baisser sa garde de lui-même, ce qu’un adversaire patient attend.
Une structure, pas une réaction
Un blocage efficace ne consiste pas à sortir le bras au moment du coup, ce qui est presque toujours trop tard. Il consiste à avoir une garde déjà placée, dont il suffit de resserrer la structure. Les coudes restent près du corps, les mains à hauteur, et le contact se fait sur l’os de l’avant-bras plutôt que sur les parties molles.
Le regard reste sur l’adversaire. Fermer les yeux ou tourner la tête au moment du contact est un réflexe naturel, et c’est le principal obstacle des premiers mois : un pratiquant qui ne voit plus rien pendant une seconde subit tout ce qui suit.
En self-défense, il ne s’arrête jamais là
La différence avec un cadre sportif est nette. En boxe, bloquer peut suffire à passer un moment difficile en attendant la fin de la reprise. En Krav Maga, un blocage isolé laisse l’initiative à l’agresseur, qui n’est tenu par aucune limite de temps.
C’est pourquoi le blocage y est presque toujours enseigné avec une contre-attaque dans le même temps, souvent avec l’autre bras. Le geste défensif et le geste offensif ne se succèdent pas, ils se superposent.