Le déplacement est la manière de se mouvoir en gardant ses appuis, son équilibre et sa garde. C’est ce qui permet de choisir la distance plutôt que de la subir, et c’est le fondement sur lequel repose tout le reste.
Marcher et se déplacer ne sont pas la même chose
Dans la marche ordinaire, les jambes se croisent, le poids passe complètement d’un pied à l’autre, et le corps accepte un déséquilibre permanent qu’il rattrape au pas suivant. Chacun de ces trois points est un problème en combat.
Le déplacement de boxe conserve au contraire une base stable en permanence. Les pieds ne se croisent pas, ils gardent un écart à peu près constant. Le pied le plus proche de la direction choisie part en premier, l’autre suit et rétablit l’écart. Le poids reste réparti, et les deux pieds ne quittent jamais le sol en même temps.
Ce dernier point est décisif : un pratiquant dont les deux appuis sont en l’air ne peut ni frapper, ni encaisser, ni changer de direction. Il est indisponible pendant toute la durée du saut.
Les quatre directions ne se valent pas
- Avancer ferme la distance et donne l’initiative, mais expose pendant le trajet.
- Reculer paraît sûr et l’est rarement. Reculer en ligne droite conserve l’axe de l’adversaire, qui n’a qu’à suivre, et mène à la corde ou au mur.
- Se déplacer latéralement est l’outil le plus utile et le moins travaillé. Il casse l’axe, oblige l’adversaire à se replacer, et permet de sortir d’un angle.
- Pivoter autour d’un appui change complètement l’orientation de l’échange sans reculer d’un centimètre.
Un pratiquant qui ne connaît que l’avant et l’arrière se déplace sur une ligne. Il est alors très facile à suivre, puisqu’il n’y a qu’une direction à surveiller.
Ce qui se voit tout de suite chez un débutant
Trois signes reviennent systématiquement. Les pieds qui se croisent, ce qui produit un déséquilibre exploitable immédiatement. Le buste qui part avant les pieds, si bien que le corps est en avance sur ses appuis. Et la garde qui descend dès que les jambes travaillent, comme si l’attention ne pouvait pas être à deux endroits.
Ce dernier point est le plus tenace. Il disparaît par la répétition, pas par la volonté : tant que le déplacement demande de la concentration, il en prend à la garde.
Le travailler sans partenaire
Le déplacement est l’une des rares qualités qui se travaillent parfaitement seul, sans matériel. Tracer une ligne au sol et s’en servir comme repère d’axe, se déplacer en carré ou en cercle, ajouter un coup en fin de déplacement puis un déplacement après le coup : ces exercices ne demandent que de la place.
Le repère de qualité est simple et exigeant : à tout moment de l’exercice, on doit pouvoir s’arrêter net et frapper immédiatement. Si ce n’est pas possible, c’est que l’équilibre a été perdu en route.