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Décision

Réponse directe : Victoire attribuée par les juges quand le combat va au bout du temps prévu, sans K.-O. ni abandon.

◆ Par Damien Hernandez, instructeur fédéral FEKM, ceinture noire 2e darga ◆ Mis à jour le 14 octobre 2026

Une décision est la victoire attribuée par les juges quand le combat va au bout du temps prévu sans K.-O. ni abandon. Chaque juge note chaque round, puis désigne un vainqueur d’après ses totaux. La décision est unanime quand tous les juges choisissent le même combattant, partagée quand ils se divisent. En MMA, elle peut aussi être majoritaire, quand deux juges désignent le même vainqueur et que le troisième voit un match nul.

Comment les juges notent

En MMA comme en boxe amateur, les juges appliquent le système dit « des 10 points » : le vainqueur d’un round reçoit 10 points, le perdant 9 ou moins. En MMA, un round sans différence entre les deux combattants peut être noté 10-10, un cas que les règles disent rare. En boxe amateur, le règlement de l’IBA l’interdit : chaque round doit avoir un vainqueur.

Les règles unifiées du MMA, publiées par l’Association of Boxing Commissions dans leur version amendée en juillet 2024, imposent au moins trois juges. Elles leur donnent un ordre de lecture : d’abord l’efficacité des frappes et du travail au sol, ensuite l’agressivité efficace, enfin le contrôle de la surface de combat. Les deux derniers critères ne comptent que si le premier ne départage pas.

Unanime, partagée, majoritaire : ça dépend du sport

En MMA, avec trois juges, les règles unifiées distinguent la décision unanime (trois juges pour le même combattant), la décision partagée (deux contre un) et la décision majoritaire (deux juges pour le même combattant, le troisième à égalité). S’y ajoute la décision technique, quand un coup interdit involontaire arrête le combat et que l’un des deux mène aux cartes.

La boxe amateur ne découpe pas de la même façon. Le règlement technique de l’IBA, dans sa version du 9 février 2023, prévoit cinq juges. La décision est unanime quand les cinq désignent le même vainqueur. Elle est partagée dans tous les autres cas, qu’il y ait trois ou quatre juges d’accord : la catégorie « majoritaire » n’existe pas. Et quand un juge arrive à égalité, il doit désigner celui qu’il estime vainqueur.

Le même mot recouvre donc des réalités différentes. Une « décision partagée » en boxe amateur peut cacher un 4 contre 1, ce qui en MMA serait impossible avec trois juges.

Ce que montrent 542 combats de MMA

Matos2combat suit le palmarès des combattants français de MMA en activité, relevé sur Wikipédia et confronté chaque semaine à la source. Au 14 octobre 2026, ces 33 fiches totalisent 542 combats, dont 201 tranchés par les juges, plus d’un sur trois. C’est davantage que les soumissions (134).

Parmi ces décisions, 146 sont unanimes, 38 partagées et 12 majoritaires. Le résultat le plus parlant est ailleurs : ces combattants ont perdu 135 combats, dont 83 aux points. Six défaites sur dix viennent des juges, contre trois victoires sur dix seulement. Ce relevé décrit ces 33 combattants et leurs organisations, pas le MMA en général.

Pourquoi une décision fait débat

Une décision repose sur un jugement, round par round. Les juges sont assis à des endroits différents autour de la cage ou du ring : ils ne voient pas les coups sous le même angle, et un round serré peut tomber d’un côté ou de l’autre. Une décision partagée le dit en toutes lettres : les juges n’ont pas vu le même combat.

Pour le pratiquant, la leçon est simple. En assaut comme en compétition de combat, ce qui n’est pas vu n’est pas compté : une frappe nette, une position gagnée et tenue pèsent plus qu’un échange confus.