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MMA Sol & soumissions

Kimura

Réponse directe : Clé d'épaule effectuée en verrouillant le poignet de l'adversaire et son propre avant-bras.

◆ Par Damien Hernandez, instructeur fédéral FEKM, ceinture noire 2e darga ◆ Mis à jour le 28 septembre 2026

La kimura est une clé d’épaule. L’attaquant saisit le poignet de l’adversaire, passe son autre bras derrière celui de l’adversaire et vient attraper son propre poignet. Cette prise en forme de chiffre 4 lui donne un levier pour ramener le bras de l’adversaire dans son dos, en forçant l’épaule dans une rotation qu’elle ne peut pas suivre.

Un nom qui vient d’un judoka

La clé porte le nom de Masahiko Kimura, judoka japonais qui l’utilisa pour remporter son combat contre Hélio Gracie, au Brésil, en 1951. Le jiu-jitsu brésilien a gardé son nom pour désigner la technique, et le MMA l’a repris.

Le geste lui-même est plus ancien que le nom. Le judo le range parmi ses clés de bras sous l’appellation gyaku ude-garami. Selon la discipline, on entendra donc l’un ou l’autre terme pour la même mécanique.

Comment elle fonctionne

Tout repose sur la double saisie. Une main tient le poignet de l’adversaire, l’autre bras passe par-dessus ou par-dessous le sien, selon la position, et referme la boucle sur le poignet de l’attaquant. Le bras de l’adversaire se retrouve plié à angle droit, pris dans un cadre qu’il ne peut pas ouvrir.

La pression vient ensuite de la rotation. En éloignant la main de l’adversaire vers son dos, l’attaquant fait tourner l’épaule vers l’intérieur. Ce n’est pas la force des bras qui décide, c’est l’angle : un coude collé au corps de l’adversaire ne donne aucun levier, un coude décollé donne tout.

Une clé qui sert partout

La kimura se prend depuis de nombreuses positions : sur le dos, jambes autour de l’adversaire, depuis le dessus en contrôle latéral, ou debout, dans un corps à corps. C’est ce qui explique sa place dans les programmes : une seule prise apprise ouvre des options dans presque toutes les situations au sol.

Elle sert aussi quand elle ne finit pas. Tenir le bras en kimura permet de contrôler l’adversaire, de le retourner ou de passer d’une position à une autre. Beaucoup de pratiquants l’utilisent autant comme poignée que comme soumission. Elle se combine avec la guillotine : un adversaire qui protège son cou expose souvent un bras, et inversement.

Comment on s’en défend

La défense commence avant la saisie. Garder les coudes serrés contre le corps prive l’attaquant de l’espace dont il a besoin pour passer son bras. Une fois la prise en 4 refermée, la priorité est d’empêcher le bras de partir dans le dos, en saisissant ses propres vêtements ou sa propre jambe, puis de se réorienter pour supprimer l’angle.

Les sorties dépendent de la position et se travaillent en club. Aucune ne consiste à résister en force contre la rotation : c’est la façon la plus sûre de se blesser l’épaule.

La sécurité avant tout

Une clé d’épaule ne prévient pas toujours. La douleur peut arriver tard, et l’articulation céder vite après. À l’entraînement, la kimura s’applique donc lentement, en laissant au partenaire le temps de taper, et se relâche aussitôt. Celui qui la subit tape tôt, sans attendre d’avoir mal.

Ces règles valent en sparring comme en compétition. Ce qui est autorisé, et à partir de quel âge ou de quel niveau, dépend de la fédération et du règlement de l’épreuve : c’est le club qui le sait et qui l’applique.