Le revêtement d’un gant se ramène à deux familles : le cuir animal, le plus souvent bovin, et les matières synthétiques regroupées sous les noms de similicuir, skaï ou cuir synthétique. Ce choix est le premier que rencontre un acheteur, et c’est aussi celui sur lequel circulent le plus d’idées reçues.
Ce que chaque matière fait réellement
Le cuir est une matière fibreuse. Il se déforme progressivement pour épouser la main, il laisse passer un peu d’air, et il vieillit en se patinant plutôt qu’en se fissurant. En contrepartie il coûte plus cher, met du temps à sécher et supporte mal d’être laissé humide.
Le synthétique est une couche de polymère appliquée sur un support textile. Il ne se déforme pratiquement pas, il se nettoie d’un coup de chiffon, et son prix est nettement inférieur. Sa faiblesse est connue : sous l’effet des frottements répétés et de la transpiration, la couche finit par craqueler, et une fois qu’elle part elle ne se répare pas.
Le critère qui tranche n’est pas le niveau
On lit souvent que le cuir serait pour les confirmés et le synthétique pour les débutants. Le critère utile est ailleurs : c’est la fréquence d’usage.
- Une pratique espacée, avec un séchage complet entre deux séances, convient très bien au synthétique. Le gant n’aura pas le temps de s’user avant d’être remplacé pour une autre raison.
- Une pratique rapprochée, plusieurs fois par semaine, met le revêtement sous contrainte permanente. Le cuir tient mieux cette cadence, et l’écart de prix se rattrape sur la durée de vie.
- Une pratique en climat chaud ou très humide accentue le problème dans les deux cas, mais le synthétique le supporte moins bien parce qu’il ne laisse pas l’humidité s’échapper.
Ce que la matière ne décide pas
Le revêtement n’a aucun effet sur la protection. Celle-ci vient du rembourrage et de la manière dont il est réparti, pas de la peau extérieure. Un gant synthétique bien rembourré protège mieux qu’un gant en cuir dont la mousse est tassée. Confondre les deux conduit à payer pour une matière en croyant acheter de la sécurité.
De la même façon, la matière ne dit rien du maintien du poignet, qui dépend du système de fermeture et de la longueur de la manchette.
Reconnaître ce qu’on achète
Les appellations commerciales entretiennent la confusion, et certaines formulations désignent du synthétique tout en évoquant le cuir. Deux repères simples aident : l’odeur, très reconnaissable sur le cuir véritable, et la tranche du matériau aux coutures, fibreuse sur du cuir, lisse et uniforme sur une couche synthétique. En cas de doute, la fiche produit du fabricant reste plus fiable que le nom donné à la gamme.